Manger sainement sans se priver : mon quotidien de naturopathe

Le plaisir sans culpabilité : découvrir tes repas quotidiens, tes habitudes alimentaires et ta façon de concilier équilibre, envies et plaisir.

ALIMENTATION

Sandra Tarrade

10/12/202613 min read

Manger sainement sans se priver : mon quotidien de naturopathe

Une naturopathe qui mange de la raclette, de la fondue ou une bonne garbure ? Eh oui, ça existe !

Quand on parle de naturopathie et d'alimentation saine, on imagine parfois une assiette composée exclusivement de
graines, de légumes vapeur et de salade verte. Bref, on mange de l'herbe et on dit merci ! Comme si prendre soin de sa
santé signifiait tirer un trait sur les plats réconfortants et les petits plaisirs du quotidien.

Pourtant, manger sainement ne devrait pas rimer avec frustration. Entre nos besoins nutritionnels, nos envies, notre rythme de vie et le plaisir de manger, trouver son équilibre demande surtout de s'adapter à la réalité. Parce que bon, si c'est pour manger triste toute l'année, autant dire qu'on a raté un truc !

En tant que naturopathe, je ne cherche pas à manger parfaitement à chaque repas. Je privilégie une alimentation variée et équilibrée, tout en gardant une place pour les plats que j'aime, les produits de saison et ces petits plaisirs qui font du bien au moral.

Dans cet article, je t'emmène découvrir ce que je mange réellement au quotidien, comment j'organise mes repas et mes collations, et pourquoi je pense qu'on peut prendre soin de soi sans culpabiliser au moindre écart.

Ma vision d'une alimentation équilibrée, sans perfectionnisme

Pour moi, manger sainement, ce n'est pas simplement nourrir son corps. C'est aussi prendre soin de son moral. Parce que oui, on peut avoir une assiette nutritionnellement parfaite et être franchement malheureux devant !

Mon approche, c'est de chercher un équilibre entre les besoins du corps, les envies et le plaisir de manger. Notre alimentation doit s'adapter à notre quotidien : notre activité physique, notre rythme de vie, notre travail et même notre état du moment.

Je ne vais pas manger exactement de la même façon si j'ai passé ma journée assise devant mon ordinateur ou si j'ai marché pendant des heures. Et si j'ai envie d'une bonne garbure, d'une poule au pot ou d'une raclette en plein mois d'octobre, je ne vais certainement pas me contenter d'une feuille de salade en me répétant que c'est pour mon bien !

Source 1 : Les recommandations officielles alimentaires

Le plaisir et la variété ont leur place dans l'assiette

J'aime varier les repas, découvrir des saveurs et profiter des produits de saison. Il y a des jours où j'ai envie d'un repas léger, d'autres où j'ai envie d'un plat bien réconfortant. Et puis, il y a ce petit plaisir quotidien qui fait du bien : un cappuccino avec de la chantilly, un plat que j'adore ou une recette qui me rappelle de bons souvenirs.

Le but n'est pas de manger parfaitement, mais de trouver un équilibre qui nous convient sur la durée.

J'ai d'ailleurs essayé de viser une alimentation trop parfaite. Résultat ? Je n'avais plus envie de cuisiner et je ne prenais plus aucun plaisir à préparer mes repas. Autant te dire que le concept avait perdu un peu de son intérêt !

Des repères, oui. Des règles impossibles à suivre, non.

En tant que naturopathe, je reste attentive à la variété de mon alimentation et à la place des protéines, des féculents, des légumes, des fruits et des bonnes sources de matières grasses. J'essaie aussi de privilégier les produits de saison et une cuisine qui me convient.

Mais je ne considère pas chaque repas comme une équation à résoudre. Les repères alimentaires sont là pour nous aider, pas pour nous dicter notre vie.

Je préfère construire des habitudes réalistes, qui me permettent de prendre soin de moi tout en continuant à apprécier ce que je mange. Et si un repas est moins équilibré que prévu ? Ce n'est pas une catastrophe. On profite du moment, puis on reprend tranquillement ses habitudes.

À quoi ressemblent mes repas au quotidien ?

Si tu t'attendais à découvrir une naturopathe qui se nourrit exclusivement de graines germées et de jus verts, tu risques d'être un peu déçu ! Dans mon quotidien, on retrouve des aliments variés, des plats maison, des produits de saison et, surtout, des repas qui me font plaisir.

Je ne mange pas exactement la même chose tous les jours. J'aime varier, découvrir des associations et adapter mes repas à la saison. Voici donc un aperçu très concret de ce qui peut se retrouver dans mon assiette.

Le petit-déjeuner : varier les plaisirs dès le matin

Ce matin, au menu : une tranche de pain complet avec du beurre de cacahuète et de la banane, un
yaourt grec et un petit cappuccino. Pour les enfants, c'est chocolat chaud !

Pourquoi cette combinaison ? Déjà, parce qu'on adore le mélange banane et beurre de cacahuète. Le
pain complet apporte une base de féculents, tandis que le yaourt grec contribue à l'apport en protéines.
Et puis, il y a cette petite boisson chaude qui permet de commencer la journée avec une touche de
douceur.

Le petit-déjeuner, pour moi, doit être à la fois agréable et adapté à mes besoins. Je ne cherche pas à manger toujours la même chose sous prétexte que j'aurais trouvé LA formule parfaite.

Demain, par exemple, ce sera peut-être des œufs à la coque, des mouillettes et un fruit. L'idée, c'est de varier les plaisirs et de trouver ce qui me convient.

Un conseil à retenir : pense à la composition de ton petit-déjeuner, mais aussi à ta faim, à tes habitudes et à l'heure de ton prochain repas. Si tu as faim dans la matinée, une collation peut tout à fait trouver sa place.

Le déjeuner : un tian d'automne gourmand et facile à préparer

Aujourd'hui, on part sur un tian d'automne. C'est le genre de plat que j'aime bien : il est
simple à préparer, il permet de cuisiner les légumes de saison et il suffit de laisser le four
faire une bonne partie du travail.

Dans mon plat, on retrouve des pommes de terre, de la courge butternut, des
champignons de Paris, des tranches de jambon et de la mozzarella. J'assaisonne le tout avec
de l'huile d'olive, des herbes de Provence et du thym et du romarin issus de ma cueillette sauvage.

Le principe est simple : on découpe les ingrédients, on les dispose dans le plat, on assaisonne et on enfourne. Pas besoin de passer deux heures derrière les fourneaux pour préparer quelque chose de gourmand.

J'aime cette façon de cuisiner parce qu'elle associe simplicité, variété et plaisir. Les pommes de terre apportent les féculents, les légumes contribuent à la diversité de l'assiette, et le jambon ainsi que la mozzarella apportent des protéines.

C'est aussi une manière d'adapter un plat que j'aime à la saison. On conserve le principe du tian, mais on choisit les ingrédients en fonction de ce qu'on a envie de manger à ce moment de l'année.

Le dîner : une soupe à l'oignon gratinée, parce que l'automne est là

Le soir, place à un grand classique réconfortant : la soupe à l'oignon gratinée au four.

Au programme : des oignons, du bouillon, du pain et du fromage râpé qui gratine
tranquillement au four. Pour accompagner cette soupe, je prévois également des œufs durs,
éventuellement préparés façon mimosa avec une mayonnaise maison allégée.

C'est typiquement le genre de repas dont j'ai envie en automne. Quelque chose de chaud, de gourmand, qui fait du bien quand les températures commencent à baisser.

Et non, un repas réconfortant n'est pas automatiquement un repas à bannir lorsqu'on veut prendre soin de son alimentation. Tout dépend de sa composition, de ses portions et de la place qu'il prend dans l'ensemble de nos habitudes.

Mon objectif n'est pas de supprimer les plats que j'aime, mais de trouver comment les intégrer à une alimentation variée.

Les collations : ma boîte anti-improvisation

S'il y a bien une chose que j'ai appris à anticiper, ce sont les petites faims entre les repas. Avec mon TDAH, je sais que si j'attends d'avoir faim pour commencer à préparer quelque chose, je risque de choisir ce qui est le plus facile à attraper. Alors, j'ai ma solution : une boîte à collations prête à l'avance et placée bien en évidence.

Dedans, on retrouve des noix, des noix de cajou, des amandes, des pistaches non salées, des noix
de macadamia et des graines de courge. Je prépare aussi des œufs durs que je peux utiliser pour les
repas ou prendre en collation. Et parfois, un carré de chocolat noir à au moins 80 % de cacao vient
compléter le tableau.

J'aime également préparer des petites douceurs maison, comme des dattes fourrées ou des
mendiants au chocolat noir et aux fruits secs.

Mon astuce : rendre le choix que je souhaite privilégier plus facile que les autres. Si ma collation est déjà prête et à portée de main, je n'ai pas besoin de réfléchir ni de cuisiner au moment où j'ai faim.

Ce principe peut être utile à beaucoup de monde, notamment lorsqu'on manque de temps ou d'énergie. Préparer quelques options à l'avance permet d'avoir une solution pratique sous la main, sans dépendre systématiquement de ce qu'on trouve en premier dans le placard.

Et voilà : des repas variés, des plats de saison, des collations anticipées et une bonne dose de plaisir. Rien de révolutionnaire, juste une façon de faire qui correspond à mon quotidien.

Source 2 : Augmenter les fruits et légumes, Manger Bouger

Comment adapter son alimentation à sa vraie vie ?

Sur le papier, manger sainement, c'est facile. Il suffit de prévoir ses repas, de cuisiner des produits frais, de varier les aliments et de prendre le temps de manger tranquillement.

Dans la vraie vie ? Il y a le manque de temps, la fatigue, les imprévus, les journées où l'on n'a aucune envie de cuisiner et celles où notre cerveau a décidé de faire tout sauf ce qu'on avait prévu.

Le secret, ce n'est pas d'avoir une organisation parfaite. C'est de trouver une organisation qui fonctionne pour soi.

Anticiper pour se simplifier la vie

Avec mon TDAH, j'ai appris une chose : lorsque j'ai faim, je n'ai pas forcément envie de réfléchir à ce que je vais manger, encore moins de commencer à préparer quelque chose.

C'est pour ça que je garde mes collations prêtes à l'avance. Mes œufs durs sont déjà cuits, mes fruits à coque sont accessibles et ma boîte à collations est placée bien en évidence. Si j'ai un petit creux, je peux attraper quelque chose sans devoir me lancer dans une préparation.

Je fonctionne aussi avec des menus mensuels. Cela me permet de regrouper mes grosses courses et d'anticiper les repas. Je souhaite également développer la préparation de plats en avance, en portions que je pourrai congeler et ressortir lorsque j'en aurai besoin.

Anticiper ne veut pas dire tout contrôler. Cela signifie simplement se faciliter la vie lorsque l'énergie ou le temps viennent à manquer.

Tu peux commencer modestement : préparer quelques œufs durs, laver des fruits, portionner des noix ou prévoir deux ou trois repas faciles pour les journées chargées. Pas besoin de transformer ton dimanche en usine à barquettes !

Adapter ses repas à ses envies et à ses contraintes

Je ne mange pas de la même façon toute l'année, et je n'ai pas envie de manger la même chose tous les jours. En octobre, j'ai envie de plats chauds, de légumes de saison, de gratins et de recettes réconfortantes. Le tian de butternut, la soupe à l'oignon ou une bonne garbure correspondent davantage à mes envies du moment qu'une salade froide.

J'essaie aussi de profiter des marchés lorsque je peux m'y rendre. Les produits que l'on y trouve peuvent m'inspirer, même si je dois tenir compte de mes possibilités de déplacement et de mon organisation.

Et puis, il y a les contraintes du quotidien : le temps disponible, le budget, l'énergie, les goûts de chacun à la maison. Tout cela compte lorsqu'on décide ce qu'on va mettre dans son assiette.

Une alimentation adaptée, c'est une alimentation qui tient compte de la personne qui va la manger, pas seulement de ce qu'il faudrait théoriquement mettre dans une assiette.

Trouver son équilibre sans chercher la
perfection

J'ai essayé de viser une alimentation trop parfaite. À force de vouloir bien faire, j'ai fini par perdre le
plaisir de cuisiner. Et quand préparer ses repas devient une corvée, il est difficile de garder cette
organisation sur la durée.

Aujourd'hui, je préfère conserver des repères simples : varier les aliments, intégrer des légumes et des fruits, penser aux sources de protéines et aux féculents, tout en gardant une place pour les plats qui me font plaisir. Certains jours, tout se déroule comme prévu. D'autres, je dois improviser. Et ce n'est pas grave.

Tu n'as pas besoin de préparer tous tes repas à l'avance, de cuisiner tout maison ou de suivre un planning militaire pour améliorer tes habitudes alimentaires. Tu peux commencer par une seule chose : préparer tes collations, prévoir quelques repas faciles ou trouver une recette que tu aimes et que tu peux refaire sans difficulté.

Le meilleur système d'organisation n'est pas celui qui paraît parfait sur le papier. C'est celui que tu arrives réellement à maintenir dans ton quotidien.

Peut-on manger moins sainement de temps en temps ?

Bon, parlons du sujet qui fâche : le repas au restaurant, le fast-food avec les enfants, la raclette entre amis ou ce fameux hamburger bien dégoulinant qui nous fait de l'œil depuis plusieurs jours. Est-ce que tout ça fait de nous des personnes qui mangent mal ? Est-ce qu'on vient de ruiner tous nos efforts parce qu'on a mangé quelque chose de plus riche que d'habitude ?

Spoiler : non, un repas ne résume pas toute ton alimentation.

Le fameux « cheat meal » : et si on arrêtait de culpabiliser ?

Je ne suis pas fan du terme cheat meal. Pourquoi parler de triche lorsqu'on mange un plat qui nous fait plaisir ? On ne passe pas un examen de nutrition à chaque repas !

Pour moi, le plaisir alimentaire fait partie de la vie. Il y a les repas du quotidien, ceux qu'on prépare pour prendre soin de soi, mais aussi les repas de fête, les sorties entre amis et les moments où l'on a simplement envie de manger autre chose.

On peut apprécier une raclette, commander un hamburger au restaurant ou partager un dessert sans avoir besoin de considérer ce moment comme une faute.

L'équilibre alimentaire se construit dans la durée, à travers nos habitudes, et non sur un seul repas.

Cela ne signifie pas que la composition des repas n'a aucune importance. La variété et la qualité globale de l'alimentation comptent. Mais un repas plus riche ou moins varié ne suffit pas, à lui seul, à déterminer si notre alimentation est équilibrée.

Après un repas plus riche, faut-il compenser ?

Ma réponse est simple : tu n'as pas besoin de te punir. Pas besoin de sauter le petit-déjeuner le lendemain, de t'imposer un régime drastique ou de faire du sport pour « effacer » ce que tu as mangé.

Tu as profité d'un repas au restaurant ? Tu as passé une bonne soirée avec tes amis ? Tu as partagé un fast-food avec tes enfants et tout le monde était content ? Alors profite de ce moment !

Le repas suivant, tu reprends simplement tes habitudes, en fonction de ta faim et de tes envies. Si tu as encore faim, tu manges. Si tu as moins faim, tu adaptes. Ton corps n'a pas besoin que tu transformes le lendemain en journée de punition.

Et si tu constates que tes repas plaisir sont devenus très fréquents, ou que tu te sens régulièrement frustré par ton alimentation habituelle, cela peut être l'occasion de réfléchir à ce qui te manque au quotidien. Peut-être davantage de variété, des repas plus satisfaisants ou une organisation mieux adaptée à tes besoins.

Le but n'est pas de manger n'importe comment en permanence, mais de pouvoir manger différemment de temps en temps sans culpabilité ni compensation.

Parce qu'au fond, si ton alimentation quotidienne te frustre tellement que tu attends avec impatience le jour où tu as enfin le droit de te faire plaisir, c'est peut-être ton organisation habituelle qu'il faudrait revoir, plutôt que de t'interdire encore davantage de choses.

Source 3 : Trouble du comportement alimentaire adulte, Ameli

Le plaisir a aussi sa place dans une alimentation équilibrée

Si tu ne devais retenir qu'une chose de cet article, ce serait celle-ci : manger sainement ne signifie pas manger parfaitement.

Je suis naturopathe, et pourtant, je ne mange pas exclusivement des graines, des légumes vapeur et des salades. Je mange des plats maison, des produits de saison, des repas réconfortants et des petites douceurs. J'essaie de garder des repères alimentaires qui me conviennent, tout en laissant une vraie place au plaisir.

Parce que notre alimentation doit s'adapter à notre vie, à nos besoins, à nos envies et à nos contraintes. Elle doit nous aider à prendre soin de notre corps, mais elle doit aussi rester compatible avec notre quotidien et nos moments de partage.

Alors, pose-toi une question : est-ce que ton alimentation actuelle te convient vraiment, ou est-ce que tu passes ton temps à culpabiliser dès que tu t'autorises quelque chose ?

Si tes habitudes te frustrent, tu peux commencer par les faire évoluer progressivement. Ajouter de la variété, prévoir des repas plus pratiques, retrouver des recettes que tu aimes ou simplement te donner le droit de manger un plat plaisir sans chercher à le compenser ensuite.

Et si tu souhaites continuer à prendre soin de toi avec une approche réaliste et décomplexée, je te donne rendez-vous dans la newsletter Natura'Vie 66.

Chaque mois, tu y retrouveras des conseils et des pistes concrètes autour de l'alimentation, du sommeil, de l'énergie, de l'organisation et du TDAH, pour avancer à ton rythme, sans chercher la perfection.

Sandra Tarrade - Naturopathe-apithérapeute

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